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| mardi 13 février 2007 |
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lundi 12 février 2007, 22h23
CONAKRY, Guinée (AP) - Des groupes de jeunes armés de machettes et de sabres sont descendus dans les rues de Conakry lundi pour obtenir la démission du président Lansana Conté, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1984. Des coups de feu ont été entendus par des habitants de la capitale guinéenne. Dans la soirée, le président guinéen a décrété l'état d'urgence, annonçant dans une intervention diffusée à la radio et la télévision publiques qu'il avait ordonné à l'armée de "prendre toutes les mesures nécessaires" pour rétablir l'ordre après trois jours de manifestations violentes. Il a ajouté qu'il avait ordonné à l'armée de "protéger le peuple de Guinée du risque d'une guerre civile". Au moins 27 personnes sont mortes dans les affrontements qui ont débuté samedi, suite à la nomination au poste de Premier ministre d'un proche de Lansana Conté. Cette initiative a provoqué la colère de nombreuses personnes affirmant que le président avait ainsi contourné l'application d'un accord de partage du pouvoir en nommant un proche. Lundi, des habitants ont dit avoir entendu des coups de feu sur la base militaire d'Alpha Yaya, dans la banlieue de Conakry, et de la fumée -venant peut-être de barricades et de pneus en feu- s'élevait au-dessus de plusieurs parties de la capitale. Les principaux syndicats ont de leur côté lancé une nouvelle grève pour renverser le chef de l'Etat accusé de corruption. Les forces de sécurité ont bloqué les routes menant au centre de Conakry, où siège le gouvernement. Samedi, au moins onze personnes sont mortes dans des émeutes, selon des responsables médicaux et des témoins. Seize autres corps de personnes tuées dans les affrontements ont été amenés à la principale morgue de Conakry lundi, a annoncé Hassan Bah, directeur de l'hôpital Ignace Deen. Les syndicats sont furieux que le président ait désigné un proche, Eugène Camara, au poste de Premier ministre, vacant depuis le limogeage par M. Conté de Cellou Dalein Diallo en avril. En vertu d'un accord avec l'opposition et les syndicats après 17 jours de grève générale et de violences qui avaient fait au moins 59 morts, Lansana Conté avait en effet accepté de désigner un chef du gouvernement aux pouvoirs renforcés, mais qui ne pouvait appartenir à l'équipe actuelle, contrairement à M. Camara, membre de l'exécutif depuis 1997. L'opposition estime donc que l'accord a été violé. L'opposition reproche au président de maintenir dans la pauvreté nombre des 10 millions d'habitants et de ne pas avoir assuré les services publics de base, alors que la Guinée possède la moitié des réserves mondiales de bauxite, utilisée pour la production d'aluminium. Lansana Conté, qui souffrirait de problèmes cardiaques et de diabète, est également critiqué pour avoir laissé la corruption s'étendre dans tout le pays. AP st/pyr/v711
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